Anastasia Bentley a transformé le tapis rouge de Cannes en une véritable extension de son univers musical.

Pour la 79e édition du Festival, l’artiste germano-slave n’a pas voulu se contenter d’une simple apparition mondaine. Monter les marches, pour elle, c’était l’aboutissement d’un univers très personnel, celui de son premier album DELULU!!!!12. Invitée alors que Fatherland de Paweł Pawlikowski fait déjà parler de lui comme l’un des films forts de cette édition 2026, Anastasia a tenu à inscrire sa présence dans une démarche artistique globale, mélangeant musique, mode, cinéma et récit de vie.

« Une belle robe, ce n’était pas assez », raconte-t-elle. « Tout le monde en a une, à Cannes. Je voulais quelque chose de chargé d’émotion, qui traduise les thèmes de l’album en langage visuel. »

Conçu comme un vrai scénario émotionnel en douze chapitres, DELULU!!!!12 explore l’instabilité affective, l’amour interdit, le déracinement, le fantasme, et cette lutte intérieure entre la raison et les sentiments. Un univers que la chanteuse voulait voir se refléter jusque dans son apparition cannoise. Pour y parvenir, elle a collaboré avec la jeune créatrice parisienne Nirupama, fondatrice de la maison INRUE. Ensemble, elles ont imaginé une silhouette couture asymétrique, directement inspirée des tensions émotionnelles de l’album.

« On ne voulait pas de symétrie, parce que la symétrie nous semblait fausse émotionnellement », explique Anastasia. « Les relations destructrices ne sont jamais équilibrées. Une partie de vous sait qu’elle devrait partir, l’autre continue d’avancer vers le danger. »

Le corset sculptural de la robe devient alors le symbole de cette dualité. Un côté rigide évoque le contrôle, la raison, la tentative de se protéger ; l’autre garde plus de vulnérabilité et de douceur.

Inspirée par l’esthétique du célèbre corset de Jean Paul Gaultier, la silhouette est ici réinterprétée comme une armure émotionnelle. Le symbole de la licorne, très présent dans l’univers de DELULU!!!!12, s’invite aussi dans la création, représentant l’idéalisme, la résilience, et l’envie de croire encore à la beauté malgré les désillusions. Le processus a duré plusieurs semaines à Paris, construit comme une véritable extension narrative de l’album. Entre discussions créatives dans des cafés parisiens, recherches de tissus à Montmartre et nuits à finaliser les derniers détails juste avant le départ pour Cannes, le projet est devenu une œuvre collaborative entre mode et musique.

La robe mêle dentelle Chantilly noire, satin champagne et longues franges mouvantes qui évoquent les pensées intrusives, les souvenirs persistants et ces liens émotionnels dont on n’arrive jamais vraiment à se détacher. Certaines finitions ont été faites à la main quelques heures seulement avant de partir pour le Festival. Au-delà de l’esthétique, cette apparition à Cannes porte aussi une forte dimension autobiographique.

Née dans une famille aux origines russes, ukrainiennes et polonaises, avant de construire sa vie en Allemagne, Anastasia Bentley décrit les années 2022-2023 comme une période marquée par la guerre en Ukraine, l’instabilité émotionnelle et une perte progressive de repères identitaires.

« Il y avait cette étrange sensation de ne plus vraiment appartenir à un endroit précis », confie-t-elle. « L’idée même de “chez soi” devenait émotionnellement instable. »

Cette atmosphère imprègne directement DELULU!!!!12, notamment à travers plusieurs titres écrits durant cette période de bouleversements personnels et géopolitiques. Pendant le Festival, l’artiste a été particulièrement touchée par Fatherland, le nouveau film de Paweł Pawlikowski, qui explore l’exil, l’identité divisée et le sentiment d’appartenance dans l’Europe d’après-guerre.

« Je me suis reconnue dans cette idée de fragmentation intérieure », dit-elle. « Quand ton environnement devient instable, ta vie émotionnelle le devient aussi. »

Pour Anastasia, le cinéma est aujourd’hui une extension naturelle de son univers musical. Elle développe plusieurs projets liés à la composition pour l’image et au sync, avec l’ambition d’inscrire davantage sa musique dans des univers cinématographiques.

« Je ne sépare pas vraiment la musique du récit visuel », explique-t-elle. « Pour moi, les chansons sont déjà des scènes. »

Avec cette apparition remarquée à Cannes, Anastasia Bentley continue de bâtir un univers artistique à la croisée de la musique, de la mode et du cinéma, où chaque élément visuel prolonge un récit intime.

Découvrez une interview d'Anastasia Bentley en anglais juste ici :

Christophe SOUSA

Christophe SOUSA

Attaché de presse

Partager

Recevez des mises à jour par e-mail

En cliquant sur « S'abonner », je confirme avoir lu et accepté la Politique de confidentialité.

À propos de Dooweet

Dooweet est une agence d'attachés de presse musique et de promotion musicale. Nous défendons les projets que nous aimons, avec une éthique sincère et un amour inconditionnel pour la culture.

Contact

6bis Boulevard Berthelot Bureau 3 34000 Montpellier

04 72 53 57 86

bonjour@dooweet.org

dooweet.org